Plomberie, Chauffage & Climatisation
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La technologie au service du vin québécois


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September 18, 2018 par Luc Boily


Mauricio Collini (g) au vignoble Du Ruisseau – visite industrielle

Un procédé géothermique en instance de brevet permet de cultiver des vignes nobles au Québec

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Une quarantaine de membres de l’Institut canadien de plomberie et de chauffage (ICPC), région du Québec, se sont rassemblés le 13 septembre dernier à Dunham pour la visite du vignoble Du Ruisseau. Véritable découverte pour plusieurs, cet établissement relativement nouveau (le premier millésime a vu le jour en 2013) vaut assurément un détour dans la très belle région Brome-Missisquoi, reconnue comme le berceau de la viticulture au Québec. On n’aurait pu souhaiter meilleure journée de visite : chaude, ensoleillée et une semaine avant les vendanges (plants à maturité).

Champs adaptés au climat québécois

Le groupe a été piloté à travers les installations, d’abord par Mauricio Collini (un nom qui trahit ses racines), passionné par la culture du raisin, le jeu des cépages et les techniques de viticulture utilisées en harmonie avec le climat, le terroir et les variétés d’ « arbres » sélectionnés. En effet, il précise avec conviction que la vigne, dont les racines peuvent puiser à plus de 15 mètres de profondeur jusqu’à 50 minéraux dans le sol, n’est pas un arbuste, malgré sa petite taille. Il précise que le vigneron ne peut « aider » la récolte (par le biais de différents ajouts et manipulations) que dans une mesure de 30 %. Le premier 70 % du travail est fourni par le fruit.

Le vignoble Du Ruisseau – qui produit environ 60 000 bouteilles par année (certains vins sont élevés en barriques de chêne français), avec l’aide de quelque 35 employés (auxquels s’ajoute une dizaine de travailleurs saisonniers) – a choisi de cultiver des cépages

Jonathan Gauvin, copropriétaire

nobles importés d’Europe, lesquels produisent un raisin riche et goûteux. En contrepartie, ils s’avèrent plutôt frileux et supportent difficilement le froid hivernal québécois. Ce faisant, le Vignoble a mis au point un procédé (actuellement en instance de brevet international) utilisant la géothermie pour assurer une température minimale de -10 °C aux vignes afin de survivre à la saison froide. Voilà qui nous amène à la deuxième portion de notre visite en compagnie de Jonathan Gauvin,  directeur de production et copropriétaire du domaine, avec sa femme, Sara Gaston, et les parents de cette dernière.

Installation du système géothermique

Quelque 15 km de tuyaux ont été enfouis à deux mètres de profondeur, dans lesquels circule un mélange de glycol alimentaire (30 %) et d’eau. Ce fluide circule dans des tubes en bordure des rangs de vigne, lesquels sont recouverts d’une toile géotextile soutenue par des arceaux. Des pompes contrôlées par ordinateur assurent l’apport thermique nécessaire à maintenir la température dans les tunnels au-dessus du point de consigne minimal établi. « Notre système a une capacité de 100 tonnes en géothermie et une puissance calorifique de 4 millions de BTU au propane en cas de panne de courant ou de journée excessivement froide », explique M. Gauvin; précisant qu’avec une couverture neigeuse de 30 cm, le réseau géothermique suffit à maintenir la température à -10 °C dans les petits tunnels recouvrant les vignes, même par un mercure affichant -25 °C.

Réseau de circulation du mélange eau/glycol

Comme le fait remarquer M. Collini, « il suffit de descendre à 3 mètres de profondeur dans le sol, à peu près partout sur la planète, pour obtenir une température de 9 °C ». Cette chaleur (ou fraîcheur, selon le cas) peut avantageusement être mise à profit d’un système de conditionnement. En plus d’utiliser également la géothermie pour ses autres besoins en chauffage/climatisation, le vignoble Du Ruisseau récupère les eaux usées de ses installations (incluant les eaux de procédé), qu’il traite et retourne dans le sol.

Finalement, notons que l’établissement offre également des produits de l’érable (et un service saisonnier de repas gastronomique des sucres), récolté à même 10 000 entailles dans son boisé.


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